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Mais d'original désormais il ya bien peu. Tout a été déjà fait ou tenté. La vraie originalité consiste, encore et toujours, en l'angle de vue par lequel chaque artiste regarde et voit le sujet-objet de l'art; consiste dans ce qu'il ressent, vit et souffre des maux de son temps; dans le jouir et rêver les biens suprêmes, dans la compréhension des grandes questions de la vie. Le reste, ce sont des jeux intellectualistes qui rarement s'avèrent plaisants.
Pasquinelli est un portraitiste qui aime aussi portraiturer le paysage. Avant de le proposer sur la toile, il l'étudie à fond. Il fait pour le paysage ce que les peintres antiques faisaient pour le portrait des personnes. Ils les fréquentaient, les étudiaient et voulaient les voir dans leurs attitudes. Voilà pourquoi quand nous regardons un portrait exécuté par Velázquez, par Raphaël, par Rembrandt, par Titien, outre admirer la maîtrise du signe, nous comprenons la psychologie du personnage.
Je connais Pasquinelli depuis de nombreuses années. Je l'ai vu travailler: c'est encore un artiste en plein air. Il étudie le paysage, le sent, le vit, il s'y immerge. Il fait ce que fait le commissaire Maigret de Simenon quand il dit de s'immerger dans les atmosphères troubles dans lequelles a mûri le délit; il les respire, les laisse glisser sur lui, laisse que son lourd manteau avec le col de velours s'imbibe de ces senteurs. Et Pasquinelli filtre des atmosphères, avec une touche légère, la poésie, en auréoles de lumière, de clarté solaire, d'un brassage de mémoires enchanteur.
Son monde est d'une déconcertante et rêveuse simplicité. C'est le petit bourg médiéval de Montecarlo, accroché au col du Cerruglio qui domine la Val di Nievole. En 1325, de la forteresse de Montecarlo, le fabuleux et controversé Castruccio Castracani conduisit son armée à la victoire dans la bataille d'Altopascio. Ce sont les marais de Bientina et de Fucecchio, la plaine lucquoise, la mèr de Viareggio, les rochers de Castiglioncello.
C'est un travailleur solitaire, fusain, pinceaux et couleurs, qui rêve les yeux ouverts, mais surtout qui pense, médite, réfléchit.
Le verbe qu'il cherche à faire sien est "comprendre". Il a voyagé partout en Italie et en Europe mais sans ambages il est toujours revenu à Montecarlo. Le théâtre de Montecarlo est des Rassicurati et lui est rassuré quand il se promène dans le bourg, dans les rues qui montent et descendent, quand il passe sous les arcs anciens d'où se montre la plaine scintillant sous le soleil.
Il est heureux au milieu de vignes du vin blanc le plus joyeux de la Toscane.
La civilisation paysanne est la dernière qui nous reste après le paroxysme de l'industrialisation, de la globalisation, de la crise néfaste des valeurs éthiques.
Raffaello Bertoli
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